Tests et validation en conditions réelles
Un prototype n’a de valeur que s’il quitte un jour le bureau d’étude.
Chez KAIZEN Solutions, l’innovation ne s’arrête pas au KZS Lab : elle se confronte à la réalité.
Des essais au sol avant le grand saut
Avant de prendre les airs, l’équipe a commencé par des tests au sol.(article : Innovation : Comment permettre aux personnes sourdes et malentendantes d’apprendre à voler ?)
On a testé à pied, à la bobine, entre deux bières, à se diriger les uns les autres. C’était marrant, mais ça nous a permis de vérifier les bases.
Ces premiers essais ont permis de valider :
- la stabilité de la liaison LoRa en champ libre,
- la réactivité du système de vibration,
- la lisibilité des icônes projetées dans les lunettes,
- et la robustesse des commandes via la télécommande BLE.
Une fois ces points validés, Julien a engagé les tests en vol, d’abord sur des parapentes biplaces pédagogiques, puis avec des élèves sourds et malentendants lors d’un stage encadré.
Premiers vols : une validation technique et émotionnelle
Les tests en vol ont eu lieu sur un site du Puy-de-Dôme, dans un cadre sécurisé.
Le protocole était clair : évaluer la communication entre le moniteur au sol et les élèves en vol, sans radio, uniquement via Luciole.
On a commencé avec quatre élèves sourds. Deux ont testé le système, un avec les lunettes, l’autre seulement avec les vibreurs.
Les premiers résultats sont clairs :
- Les vibreurs seuls permettaient un guidage directionnel basique (gauche/droite), mais trop limité pour un apprentissage complet.
- L’ajout des lunettes à micro affichage a changé la donne : les élèves comprenaient mieux le contexte de l’action, ce qu’ils devaient faire et pourquoi.
Quand je lui envoie une icône, je ne lui dis pas seulement “tire à gauche”, je lui dis pourquoi : aller vers la zone de sécurité, sortir du thermique… C’est ça la différence.
La réactivité du système a été testée dans diverses conditions de vol de stage d'initiation, et stage progression avec des manœuvres non dangereuses.
La liaison LoRa est restée stable jusqu’à deux kilomètres, sans perte critique, même dans des zones sans couverture réseau mobile.
Fiabilité et sécurité : un système conçu pour durer
Un des points clés validés lors des essais concerne la résilience du protocole de communication Rust.
Julien et son équipe ont conçu un mécanisme d’acquittement intelligent : si une commande n’est pas reçue dans un délai imparti, elle est renvoyée automatiquement.
Ce protocole garantit une communication fiable, même avec un taux de perte inhérent aux environnements montagneux.
Quand on parle à la radio, il y a toujours un peu de latence, parfois une seconde. Avec Luciole, c’est instantané, et surtout, on sait si le message est bien passé.
Les tests ont également permis de mettre en évidence un autre avantage :
le système avertit automatiquement le moniteur et le pilote en cas de perte de liaison.
Une vibration ou une icône d’alerte s’affiche alors, invitant le pilote à se poser en sécurité.
Apprentissage et coordination : le facteur humain

Les essais en vol ont aussi mis en lumière une limite importante du prototype : la coordination entre le moniteur au sol et le moniteur en vol biplace.
Lors de certaines sessions, Luciole était installé uniquement sur l’élève, équipé des lunettes et des vibreurs.
Le moniteur derrière lui, chargé d’assurer la sécurité et d’observer les réactions de l’élève, n’avait quant à lui aucun retour sur les commandes envoyées depuis le sol.
Cette situation n’a pas remis en cause l’efficacité du système, mais elle a révélé un besoin d’évolution ergonomique :
pour garantir la compréhension mutuelle, le moniteur biplace doit lui aussi être équipé soit avec une paire de lunettes miroir, soit avec un retour visuel ou haptique synchronisé.