Recentrer autour du besoin
Avant de choisir un outil, il est plus pertinent de commencer par comprendre le besoin auquel la documentation doit répondre.
Ce besoin change selon le lecteur : un nouvel arrivant cherche une vue d’ensemble, un développeur le détail d’un flux, un exploitant les dépendances et les mécanismes de déploiement, tandis qu’un architecte peut vouloir retrouver le contexte d’une décision prise plusieurs années auparavant. Ces informations peuvent également être exploitées par des assistants ou agents IA, qui dépendent eux aussi de contenus structurés, explicites et reliés à des sources de référence fiables.
On peut ainsi appliquer à la documentation une logique proche de celle d’un produit : identifier ses utilisateurs, comprendre leur parcours et déterminer à quel moment ils ont besoin de chaque information.
Une première étape consiste donc à déterminer ce que le lecteur cherche à faire avec la documentation.
L’approche Diátaxis distingue quatre formes de documentation :
- Les tutoriels pour apprendre en étant guidé
- Les guides pratiques pour réaliser une tâche précise
- Les références pour consulter une information précise
- Les explications pour comprendre un concept ou une décision
Cette grille aide à définir la nature du contenu à produire. Un tutoriel n’est pas conçu comme une référence technique, de la même manière qu’un guide pratique ne répond pas au même besoin qu’une explication d’architecture.
Mais cela ne suffit pas à déterminer où la documentation doit vivre ni comment elle doit être maintenue. Il faut également prendre en compte plusieurs contraintes :
- Le public : qui va consulter cette information ?
- Le niveau de détail : a-t-on besoin d’une vision globale ou d’une représentation technique fine ?
- La fréquence d’évolution : cette information change-t-elle plusieurs fois par semaine ou seulement lors d’une évolution structurante ?
- Le besoin de conservation : faut-il seulement connaître l’état actuel du système, ou conserver cette information pour comprendre son évolution dans le temps ?
- La proximité avec le code : peut-elle devenir incohérente si elle évolue séparément du système ?
- La responsabilité : qui est chargé de maintenir ou de valider cette information ?
Ces deux lectures sont complémentaires : Diátaxis aide à déterminer quelle forme doit prendre la documentation, tandis que ces critères permettent de choisir où elle doit vivre et comment elle doit être maintenue.
Une décision d’architecture et une documentation d’API n’ont donc ni le même objectif, ni le même rythme d’évolution, ni les mêmes besoins de conservation.
Une documentation qui décrit l’état actuel du système doit évoluer avec lui. Une API, un flux technique ou une configuration doivent donc idéalement être mis à jour dans le même cycle que ce qu’ils décrivent.
À l’inverse, une documentation qui explique pourquoi le système est conçu ainsi doit surtout rester accessible et compréhensible dans le temps. C’est notamment le cas des décisions d’architecture ou des vues globales du système.
Le choix de l’outil devient alors une conséquence du besoin, et non son point de départ.