Les films offrent parfois des représentations de la cybersécurité qui ne reflètent pas forcément la réalité.
Côté soulèvement des machines par les IAs, à supposer que le concept d’ASI soit un jour atteignable, on en est encore loin ! En effet, la maturité technologique actuelle en est toujours à l’intelligence artificielle étroite, ou ANI, c’est-à-dire que les IAs possèdent une gamme étroite de capacités dédiées à un usage précis. On n’a donc pas encore atteint le stade de l’IA profonde, où les IAs pourraient imiter les raisonnements et comportements humains et apprendre pour étendre leurs compétences à n’importe quel domaine, et qui précède lui-même la superintelligence artificielle.
De plus, les scenarii des films précités impliquent la prise de contrôle de n’importe quel engin, même purement mécanique, sans qu’il soit connecté… il ne faut pas tout mélanger, on ne va pas se faire avaler par nos tondeuses à gazon non plus !
La surveillance de masse en revanche semble beaucoup plus vraisemblable. Plusieurs cas ont malheureusement déjà été rencontrés dans la vie réelle. Pour s’en prémunir, il s’agit principalement ici de freiner les ambitions humaines en termes de pouvoir et d’évolution technologique à tout prix.
Enfin entre films de cambriolage, de guerre et d’agent secret, qui n’a pas remarqué que les films d’action du XXIème siècle présentent presque systématiquement une composante cyber où un hacker devant un ordinateur entre des lignes de code complexes et accède de manière frauduleuse à un système d’informations. Plutôt cool à l’écran ! Sauf que (heureusement !) dans le monde réel, outre les compétences techniques nécessaires, ce type d’attaque demande avant tout de la préparation ; en heures, en mois ou même en années, on est en tout cas loin des exploits presque instantanés présentés.
Les sagas Fast And Furious et Mission Impossible, ou encore le film Die Hard 4 : Retour en enfer (2007) sont de bons exemples de performances plus proches de la science-fiction que du talent réaliste qu’un hacker même expérimenté, peut avoir. Hacker un organisme comme la CIA ou le FBI n’est probablement pas impossible (aucune sécurité n’est parfaite), mais cela demanderait plus 2 ans que 2 minutes !

À l’inverse, il est particulièrement agréable pour un acteur de la cybersécurité de regarder Mr. Robot. Grâce au passé de white hat de Kor Adana, scénariste et producteur de la série, les piratages de la série sont beaucoup plus réalistes ! On peut même voir le personnage d’Elliot Alderson faire appel à nmap, Kali Linux et autres commandes, de réels outils et commandes exploités par les cyber-acteurs offensifs !