Introduction : la claque du monde pro
Entre ce qu’on fait à l’école et ce qu’on vit en entreprise, le contraste est souvent brutal. J’ai fait des projets à l’école, comme beaucoup d’entre vous. Mais ces projets, ils n’avaient rien à voir avec ceux du monde pro.
À l’école, le code est souvent un exercice éphémère : une fois la note attribuée, il est aussitôt jeté. En entreprise, c’est tout l’inverse. Le code que l’on produit est amené à vivre, à évoluer, à être maintenu, pendant parfois longtemps. Il a un impact concret sur les utilisateurs , les équipes et parfois même sur des enjeux critiques. C’est là que commence vraiment le métier de dev .
J’ai réalisé cette différence lors de mon premier projet professionnel, dans le secteur de la sûreté nucléaire. Le niveau d’exigence y était particulièrement élevé. Il ne s’agissait plus simplement d’écrire du code fonctionnel, mais du code fiable, robuste et sécurisé. Le moindre écart pouvait avoir des conséquences majeures.
Ce fut un choc formateur. J’ai alors pris conscience que ma formation, bien que précieuse, ne m’avait pas entièrement préparé à ces réalités. La rigueur, la responsabilité et l’anticipation sont des compétences que l’on développe réellement sur le terrain, dans le cadre exigeant du développement de logiciel.
Alors j’ai dû apprendre, sur le tas. Le client attendait des résultats. Moi, j’avais plein de questions. L’agilité ne m’a pas sauvé (même si j’étais dans une équipe Agile). Les réponses, je les ai cherchées ailleurs.
C’est là que j’ai découvert ce qu’on appelle le Software Craft , ou en français, l’Artisanat Logiciel.